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Salar d'Uyuni, J1

Publié le par Oim y Ln


 

Après une nuit sur une route chaotique, nous arrivons à Uyuni, ville qui borde le salar ; il y fait très froid (surtout quand on arrive à 6h du matin, que les hôtels sont fermés, que les bars sont fermés, et que les seules maisons qui vous accueillent sont les agences qui veulent vous vendre un tour dans le salar... les tarifs sont très élevés pour tout (logement, nourriture et tour). Nous avons réussi à bien négocier le seul bon hôtel du coin avec une douche chaude (une douche froide ici signifie pas de douche vu la température de la cabine) à un prix très correct (Mosoj Hostel).

 





Le cimetière des trains est inattendu dans cette zone du monde. Au milieu de rien, une centaine de locomotives et wagons du siècle dernier sont lentement rongés par le sable, le vent et le sel. C'est comme des gamins que nous avons couru dans tous les sens, que nous nous sommes mis à la place des cheminots dans les locos rouillées de cet espèce de parking pour trains fantômes.



Là, c'est le début d'une grande aventure ! Le début est assez rapide, il faut l'avouer. A deux minutes de la sortie d'Uyuni, nous nous rendons compte qu'un 4x4 est en panne juste derrière nous : problème d'arrivée d'essence. Ce cher véhicule est en fait notre co-4x4 ; nous voyagerons à deux véhicules pendant trois jours (nous ne le savions pas). Le but, que nous n'avions pas encore compris à ce moment, était d'utiliser un véhicule pour réparer l'autre... On découpe les tuyaux de l'un pour compléter le bout manquant de l'autre, on démarre le premier à l'aide du second...

Arrivée au cimetière des trains, à 20 minutes de la ville, on regonfle un des pneus, en phase de décroissance depuis le départ.

Une heure plus tard, notre 4x4 s'arrête net suite à un gros crac et l'affaissement de l'avant gauche ! Tout le monde descend, va voir à l'avant de la bête, regarde notre chauffeur-mécanicien se pencher sous le véhicule, démonter la roue avant... il a visiblement cerné le souci. Un frein a lâché. Les deux chauffeurs démontent tout, récupèrent les mâchoires cassées du frein, les balancent sur le sable (nous les remettons dans la voiture), et.... vamos ! Todo perfecto ! tout le monde remonte et c'est reparti.

Bref bref, nous commençons à saisir que chaque kilomètre effectué est un kilomètre gagné ! Tant qu'on avance, on ne recule pas ! Allez, 200 km de fait, il n'en reste plus que 800 !



Incapable de vous dire si cette photo a lieu au J1 ou au J2, tellement on a vu ces bouteilles. Chacune enferme des milliers de petits éléments qui n'ont pas un seul rôle mais de multiples utilisations. Bref bref, reprenons car ce n'était que le début de notre tour "stage de mécanique" avec l'agence San Juan (à éviter à tout prix !).









Village de Colchani, lieu d'extraction du sel. Ils ont entre 8 et 12 ans et transvasent des pelles de sel dans un camion sous un soleil plombant et sous l'oeil du chef, debout dans le camion et l'oreille à son téléphone mobile, à l'heure où d'autres sont à l'école. Il suffit de quelques pas dans ce village pour se téléporter au farwest où les chevaux ont été remplacés par de vieux Ford rouillés. Il ne manque que les bottes de paille qui roulent au vent (le sel empêche toute végétation de pousser).










Eh oui, nous aussi nous nous sommes amusés à réaliser quelques jeux dans le salar ! Un peu de sel du salar dans du maté de coca cuit au soleil et vous parvenez à miniaturiser vos amis. J'aurais dû miniaturiser nos chauffeurs...










Quel bonheur de s'éloigner de la foule (qui reste amassée en groupe) des tours pour se retrouver seuls et entendre le bruit du silence de ce monde de sel. Cela craque, cela crisse... cela cristalise, c'est fou.

A droite, le sel cristallise en surface en petits cubes parfait. Quand le poids de ce cristal est trop important, le grain coule et s'entasse au fond de la flaque avec les autres. C'est ainsi que se forme le salar.

Sur la gauche de la photo, la cristalisation prend la forme d'une fleur. Je pense qu'en filmant en accéléré, on pourrait voir les cristaux pousser.













Rien qu'à les regarder, ils impressionnent, mais alors en les touchant, c'est pire. Une aiguille calme net. 20 cm de long, de quoi transperser mes 2 polaires et mon tee-shirt à manches longues (j'ai fait le test pour vous !), la bête a une grande capacité à vous refroidir.



Ce n'est que la dizième panne... "pas de panique" comme dit la chanson de Hop, il a eu peur.

Le vrai problème est que le nombre de pannes ajouté à l'extrême lenteur de nos véhicules nous font prendre un retard énorme... nous arrivons tard et n'avons que peu de temps pour nous promener. Mais,
arrivés à l'hôtel, tout le monde il est beau, tout le monde il est content. Nous allons vite profiter du temps qu'il nous reste avant le coucher de soleil.

Balade souterraine puis dans les cactus, toujours présents où nous croiserons des viscachas, espèce de petit kangourou croisé avec un écureuil.



 



L'aventure commence, nous entrons dans une caverne... puis après quelques passages qui nous obligent à ramper, les yeux d'Hélène en disent long sur notre émerveillement. C'était dingue, une carverne de dentelles, des fils de pierre qui seraient des algues calcifiées. Nous comprenons vite pourquoi cette grotte est baptisée "la gruta de las Galaxias". Nous sommes dans un autre monde. De plus, ces roches sonnent quand nous les frappons, c'est féérique.

Au-dessus, des constructions de type stromatolitique indiquent l'un des niveaux de cette ancienne mer intérieure. Ils sont appelés ici "Arboles de piedra".


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